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 SHENDRA ♠ « On est bien fort quand on a le nombre ; invincible, quand on a la ruse ».

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MessageMar 20 Jan - 20:53

{weyr} SHENDRA
______________ft . GEMMA ARTERTON



© Bazzart
« L'homme ordinaire est exigeant avec les autres. L'homme exceptionnel est exigeant avec lui-même », MARC-AURÈLE


›› NOM . Shendra

›› DATE DE NAISSANCE . 05/03/1234
›› AGE . 23 révolutions
›› ORIGINE . Fort de Nerat
›› SEXUALITÉ . Hétérosexuelle

›› METIER . Dame Dragon
›› RANG . Dame Dorée
›› ÂGE LORS DE L'EMPREINTE . Presque 21 révolutions.

›› DRAGON .  Varanth
›› ISSU DE . Citrieth & Kaleth .{ Ista.
›› ÂGE DU DRAGON . 2 révolutions et demi
›› COULEUR . Dorée
›› TAILLE . 13, 46 m

›› EN QUELQUES MOTS . Jalouse . Exclusive . Passionnée . {Un peu} Susceptible . Diplomate . Stratège . Exigeante . Rancunière . Manipulatrice . Orgueilleuse . Têtue . Bornée . Déterminée . Rusée . Entière . Coriace . Autoritaire . Loyale . Protectrice . Noble . Digne . Fière . Posée . Organisée . Erudite . Intelligente . Intéressée . Sérieuse . TRES curieuse . Hautaine . Inaccessible . Secrète . Cassante . De mauvaise foi . Bonne menteuse . Fidèle

Réputation & Impressions



    « Serviable et très polie ... Et curieuse, aussi, mais dans le bon sens du terme. Un plaisir de l'avoir comme élève ». Voilà ce que vous répondrait probablement le Harpiste qui enseigna à Shendra. Il en garde un bon souvenir, se rappelle de sa jolie voix et de son attention lors des leçons. Tout comme il garde en mémoire leur discussion au sujet des Chevaliers-Dragons, étonné de l'histoire abracadabrante contée par Calindra. Il est un peu fier que Shendra soit désormais au Weyr, espérant que ses enseignements lui seront profitables, même s'il reste convaincu que Nerat perd une bonne Guérisseuse.

    « Oh, elle venait en cuisine pour se rendre utile, oui, mais elle espérait bien obtenir un gâteau ou un biscuit quand on en faisait. Intéressée ? Oh non, maligne, je dirais ». Elle ne perdait jamais le Nord, cette gamine, et c'était plus amusant à constater qu'autre chose. Puis elle était de bonne compagnie, pas turbulente et obéissante donc il n'y avait pas de mouron à se faire. Et c'est plutôt bon signe si on aime notre cuisine, non ? Alala, ça fait vide, depuis qu'elle n'est plus là. Même plus grande, elle passait encore souvent. Enfin, chacun mène sa vie. Dommage que la sienne soit chez les autres, là ...

    « Elle a le cœur bien accroché, cette gamine. Elle traînait presque plus dans l'infirmerie qu'avec les enfants de son âge, elle était très déterminée à progresser. Et sa volonté payait ». Les Guérisseurs du Fort de Nerat on vu Shendra grandir à leur côté de nombreuses années, occupée à les seconder, se former et gérer avec eux les accouchements et les décès en passant par les blessures plus ou moins sérieuses. Ils en gardent l'image d'une demoiselle professionnelle prenant ses fonctions très au sérieux, s'occupant des patients avec douceur et tact. Ils l'imaginaient ici ad vitam aeternam et espérait qu'elle poursuive sa formation afin de devenir un jour Maître. Hélas, le Weyr en a décidé autrement et c'est non sans regret qu'ils l'ont vue partir.

    « Cette petiote, je l'ai presque élevée. Une gentille fille, aidante, respectueuse ... mais bornée. Elle en a brisé le cœur de sa mère ». Hermena a beau adorer Shendra sur laquelle elle a veillé du mieux qu'elle pouvait vu l'état psychologique de Calindra, elle garde une grande amertume suite à son départ. Heureusement qu'il y a les lettres mais l'Intendante aurait préféré que sa protégée n'aille pas s'acoquiner avec ces gens-là. Elle est partagée entre la déception et l'envie que tout se passe bien pour Shendra, quoi qu'elle ait pu choisir. Elle ne vous en dira jamais le moindre mal, préférant égratigner les Weyrs en précisant que, sa petite Shendra, elle est différente, elle, plus sensée, elle, ils ont de la chance de l'avoir là-bas, elle relève certainement le niveau.

    « Ma fille ? Oh. Shendra ... Elle est d'un autre monde ». Calindra est souvent évasive au sujet de sa fille. Tantôt, elle vous dira qu'elle a des responsabilités, qu'elle est très occupée, qu'il vaut mieux revenir plus tard pour la voir car elle n'aura pas un moment à elle de la journée. Une autre fois, elle se contentera d'un « pas vue » assez sec résumant toute la tristesse et l'irritation qu'elle accumule depuis le départ de Shendra. Elle lui en veut d'avoir quitté Nerat, elle lui en veut d'avoir ce qu'elle-même n'a plus. Mais peut-être, et sans doute surtout, de ne l'avoir pas écoutée, persuadée qu'elle est que le drame qu'elle a vécu ne peut que se reproduire.

    « Reste à espérer qu'elle sera moins idiote que sa Verte de mère ». Evidemment, il ne fallut pas longtemps avant qu'on associe Shendra à Calindra, ce dont la jeune fille se serait volontiers passé. Il faut dire que le souvenir laissé par sa mère était très mitigé selon les personnes à qui elle avait à faire. Certains jugeaient Calindra comme une écervelée qui avait pris ses responsabilités beaucoup trop à la légère, ce qui avait mené à la mort de Lenth. Le dicton « telle mère, telle fille » résonnant à leur esprit, il était évident qu'une certaine méfiance pesait sur Shendra.

    « Pauvre petite ... Avec l'enfance qu'elle a dû avoir, c'est impressionnant de voir le caractère qu'elle s'est forgé ». Ca, c'est le pendant du précédent, phrase répétée sur divers tons par d'antiques connaissances de Calindra, gonflées de compassion et de bonnes intentions. Shendra est la pauvre petite malheureuse qui a eu une mère un peu ... particulière et qui n'a pas dû avoir tous les jours la vie facile. Elle est d'autant plus méritante qu'elle semble fort responsable, elle, très appliquée et impliquée dans la vie du Weyr. Comme quoi, la pomme tombe parfois plus loin de l'arbre qu'on pourrait le croire.

    « J'ai bien connu Calindra. J'ai été étonnée de voir sa fille ici. Pas que le fait qu'elle ait une fille me semble bizarre, non, mais plutôt le fait qu'on aurait du mal à pousser l'association mère/fille plus loin que sur le plan physique ». De vrais proches de Calindra qui l'ont perdue de vue après la mort de Lenth. Des gens qui la connaissaient suffisamment pour savoir qu'expliquer sa bourde par de la bêtise était bien trop simpliste mais qui étaient également bien placés pour s'étonner des deux caractères antagonistes auxquels ils avaient à faire face. Autant Cali était fêtarde, enjôleuse, extrême, parfois insouciante, très enflammée, pétrie de convictions - mais plus belle-parleuse que concrète -, démonstrative, câline et chaleureuse, autant Shendra était stricte, disciplinée, rigide, pointilleuse, carrée et maniaque.

    « Ah, cette fille ... Je crois qu'elle pourrait être appelée la Reine du sourire. Pas qu'elle ait toujours l'air enjouée ... Elle manie simplement l'hypocrisie des masques à merveille ». Douée, cette demoiselle, très douée. Jamais un mot de travers mais jamais non plus un regard baissé ou un fléchissement de position. Elle a appris à caresser dans le sens du poil pour, au final, n'agir que selon son bon vouloir. Ou selon sa conscience ? Même si certains la trouvent trop manipulatrice pour être honnête, quelques-uns d'entre eux reconnaissent malgré tout qu'elle fait du bon travail et que son efficacité n'est plus à démontrer.

    « Discrète ? Oula, non. Mais elle sait se placer, oui. Toujours là quand il faut, toujours à écouter au bon moment. Oh, c'est tout un art, hein, et je salue. C'est pas pour rien qu'elle a la place qu'elle a, non ? » On connaît Shendra à cause de sa dragonne mais pas seulement. On connaît Shendra pour son caractère ferme et fort, son habitude à ne pas se laisser marcher sur les pieds et sa facilité à donner l'impression d'être partout à la fois. On la respecte puisqu'elle ne donne pas l'impression d'usurper sa place. Elle n'a rien d'une écervelée qui passe plus de temps à se préoccuper de ses tenues ou de sa coiffure. Non non, elle a la tête sur les épaules et l'esprit vif, c'est tout ce qu'il faut pour quelqu'un de ce statut.

    « Un caractère de cochon, oui ! Autoritaire ... Une vraie main de fer mais sans le gant de velours. Et pourtant, elle est pas vieille, 'faut pas demander dans quelques années ». Oui oui, elle est pinailleuse, exigeante, difficile ... 'faut pas la contrarier, cette fille-là, quand on ne danse pas comme elle chante, elle se met de mauvaise humeur. Et pas la peine de lui dire « oui oui » pour avoir la paix, ça ne marche pas. P'têtre qu'elle aime bien commander mais elle n'a pas à se prendre pour la Dame du Weyr, non plus ... Nan, vraiment pas facile à supporter à la longue. Pire qu'une Dorée qui couve sa ponte ...

    « Fiable et efficace. Elle a parfois l'air inaccessible, avec sa stature et son port fier, mais c'est quelqu'un de bien, une conciliatrice hors pair ». C'est quelqu'un de très humain et de compréhensif quand on gratte le verni de la responsabilités et la peinture du devoir. Elle est sérieuse, d'accord, mais pas froide. Elle est professionnelle, oui, et ferme, ça oui, seulement, ce n'est pas une Dame de pierre.

    « Vous ne me croirez peut-être pas mais elle est imbattable au poker dragon, si si. Ah bah, oui, c'est une chouette fille, oui. Et elle n'est pas toujours sérieuse. 'suffit de la connaître un peu ». Bah oui, c'est facile de dire qu'elle est pince-sans-rire quand on la connaît par les rumeurs et les bruits de galeries. Elle a de l'esprit, de l'humour et une bonne conversation. Elle adore les débats. Et même si elle est posée, ça n'en reste pas moins intéressant et parfois animé ! Qu'on soit posé n'empêche pas d'être convaincu de ses opinions, non ? Bon. Et puis, oui, elle bluffe très bien et nous plume allègrement au jeu, que voulez-vous ? C'est comme ça qu'on l'aime !

    ●● PARTICULARITÉ {personnage} ● Rien de plus qu'un point de beauté sur la joue gauche et une légère cicatrice le long du pouce droit.
    ●● ET LE DRAGON ● Varanth est vaniteuse. Mais pas vaniteuse à l'image des starlettes pédantes qui battent des cils face aux projecteurs. Varanth est vaniteuse comme peut l'être une enfant de 8 ans qui a la conviction naturelle et inébranlable qu'elle est la seule et unique merveille du monde. Elle n'en doute pas un seul minuscule instant : elle est parfaite. Shendra et elles sont magnifiques et ceux qui en doutent sont idiots. Mais, bien qu'elle les trouve stupides, la dragonne se vexera si quelqu'un agit de la sorte. Elle a son petit orgueil, très chatouilleux par endroits. Et si on ne touche pas à Shendra, en sa présence ou non, il est également préférable que Shendra n'accorde pas à quelqu'un trop d'attentions. Varanth est foncièrement jalouse et le fera remarquer sans prendre de pincettes. Se prendre pour le nombril du monde ? Si peu.


Confidences sur le bout de la langue

    ●● Les Fils devaient revenir il y a plus de deux siècles, pensez-vous qu'ils menacent encore Pern ? Penser ? Faible mot qui, en l'occurrence, réduirait une certitude chevillée au corps à l'état de simple idée. Shendra ne le pense pas, elle le sait et c'est là fondamentalement toute la différence. Peut-être pareille question aurait-elle reçu réponse différente si la demoiselle ne partageait pas sa vie avec son adorée Dorée qu'est Varanth. Mais ... justement, il y a Varanth. Une vie sans elle, aussi hypothétique soit-elle, n'est plus envisageable. Compte tenu du lien qui est le leur, l'Istane ne peut que se fier à l'instinct qui meut son âme sœur, partageant cette conviction avec tout l'aplomb qui la caractérise. Parce que Shendra ne se contente pas de frapper du poing sur la table en taxant d'imbéciles ceux qui restent sceptiques, leur balançant avec force entêtement qu'elle sait, un point c'est tout. Bien consciente du fossé qui s'étend malheureusement entre les Weyrs et les Forts, la jeune femme s'évertue à étayer son propos de preuves admissibles par tous afin d'arrondir les angles.  « Les Dragons savent et je peux vous l'expliquer comme suit ... » C'est d'ailleurs là une de ses principales occupations lorsqu'un moment de temps lui est accordé. Entre l'examen des Ballades, le passage au crible des Archives ou un brin d'astronomie, Shendra ne lésine pas sur les moyens pour comprendre le comment du pourquoi et espère mettre le doigt dessus aussi vite que possible avant qu'un autre drame ne daigne arriver.

    ●● Des tensions sont nées suite à la mort de dragonnets pendant l'Eclosion survenue deux mois plus tôt. On raconte que les chevaliers-dragons accusent le Fort et les Ateliers de ne pas avoir fourni assez de Candidats. Quel est votre avis ? Si Shendra n'était pas une Dame Dorée posée, elle se taperait probablement la tête au mur en marmonnant qu'ils n'avaient vraiment pas besoin de ça. De son point de vue, le Weyr se retrouve avec une entaille au flanc et, en bon animal blessé, va se montrer plus hargneux qu'à l'ordinaire. Et, ça, quand on cherche à jouer les diplomates entre ledit Weyr et le Fort, ça fait plutôt mauvaise presse. Alors Shendra grince des dents. En silence. Cherchant à calmer le jeu comme elle peut. Varanth en a été ébranlée, donc elle-même le fut. Ca n'est pas une raison pour tout justifier et tout accepter, de quel que parti que ce fusse. L'indolence et l'indifférence du Fort, qui trouve encore à grommeler comme un roquet qu'on houspille d'un bâton, crispent la Dame sans nul doute. Tout comme l'arrivée des gens de Benden lui arracha un soupir dépité, un soir, dans l'intimité de son weyr, où la présence réconfortante de sa Dorée lui permit d'accéder finalement au sommeil sans ruminer à l'envi. En somme, tiraillée entre passion et devoir, la jeune femme est bien décidée à conserver un cap fixe et défendre bec et ongle l'équilibre entre chaque camp le temps qu'il faudra pour assurer les arrières de tout le monde. Même ceux qui leur crachent à la joue.

    ●● Le manque de chevaliers et de dames a poussé les Chefs du Weyr d'Ista à demander assistance aux autres Weyrs de Pern, que ce soit par aveu de faiblesse ou par perspicacité. Seul le Weyr de Benden a accepté de prêter main forte en acceptant de céder des dragons et leurs maîtres. Quel est votre avis ? Pourquoi les nouveaux ne viennent pas des Hautes Terres, hein ? Etait-ce si compliqué d'être raisonnable dans les proportions, hm ? Un peu de conservateurs, un peu de progressistes, un mélange logique, quoi ! Non, elle ne râle pas. Non, elle ne vient pas de vider trois petits plats de rougefruits, assise en tailleur sur ses fourrures, à se demander pourquoi, par la Coquille, on lui compliquait encore la tâche ! Pas dans ses habitudes, de maugréer. Alors, elle accroche son joli sourire, celui qui va bien avec le regard du wherrie à l'affût qui ne va rien manquer. Elle le fait bien, le wherrie à l'affût. Elle n'a ouvertement rien contre les Chevaliers de Benden mais il est bien clair qu'ils sont ici à Ista. C'est très gentil d'être venus mais, s'ils sont venus, c'est pour avancer dans le même sens qu'eux et pas être à l'origine d'un Benden bis. Autant Shendra peut être - ou se forcer à être - tolérante lorsqu'il faut composer avec les Forts ou les Ateliers, autant, au sein des Weyrs, elle estime qu'il faut apprendre à marcher droit.


Mesure du temps

    ●● 1230 ● Mort de Lenth, Verte de Calindra, la mère de Shendra.
    ●● 05 mars 1234 ● Naissance de Shendra.
    ●● Courant 1234 ● Entrée de Calindra dans le personnel du Fort de Nerat.
    ●● Mai 1242 ● Discussion entre Shendra et le Harpiste du Fort de Nerat.
    ●● Hiver 1242 ● Shendra aide à l'infirmerie au Fort de Nerat.
    ●● Fin février 1243 ● Shendra est envoyée au Fort de Fort.
    ●● Foire du printemps 1243 ● Shendra devient apprentie guérisseuse.
    ●● Foire de l'été 1249 ● Shendra devient compagnon guérisseuse.
    ●● Courant 1250 ● Shendra est affectée au Fort de Nerat.
    ●● Fin 1254 ● Shendra est repérée par un Chevalier et devient Candidate à Ista.
    ●● Début 1255 ● Shendra confère l'Empreinte à Varanth.
    ●● Début 1255 ● Shendra entame son Aspiranat de Dame Dorée.
    ●● Début 1257 ● Shendra obtient ses nœuds de Dame Dorée.
    ●● Août 1257 ● Eclosion catastrophique, nombreux Dragonnets morts sur les Sables. Varanth en est passablement ébranlée.
    ●● Octobre 1257 ● Shendra se pose en observatrice patiente et diplomate pour jongler entre le Fort d'Ista, son Chef et sa Dame du Weyr ainsi que les nouveaux venus de Benden.


●● Pseudonyme (prénom) ● Philippine (Sophie) ●● Age ● 24 ans ●● Double compte ● Négatif. ●● Comment as-tu connu le forum ? ● Ah ah aaah. Ah. ●● Présence ● 6 sur 7 jours ●● Commentaires (suggestions, avis) ● Quel drôle d'endroit ... Tu habites ici ? ●● Codes du règlement ●● Allez. Je valide, sale gosse (Damhàn)

●● Célébrité ● Gemma Arterton


Dernière édition par Shendra le Mer 21 Jan - 20:48, édité 6 fois
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Shendra
Dame Dorée



Féminin

Age : 23 révolutions
Nom du dragon : Varanth
Age du dragon : 4 révolutions
Rang : Dame Dorée
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« Quand un diplomate dit 'oui', cela signifie 'peut-être' ; quand il dit 'peut-être', cela veut dire 'non' ; et quand il dit 'non', ce n'est pas un diplomate. » HENRI LOUIS MENCKEN

Pseudo : Philippine
Disponibilité RP : Libre
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MessageMar 20 Jan - 20:54



{ainsi} s'écrit l'histoire
______________IL ÉTAIT UN DÉBUT


Une petite main se referma sur le tissu flottant mollement dans l'air, emporté par les déplacements las d'une jeune femme aux traits tirés. Ils avaient attendu longtemps, ces doigts boudinés d'une jeune enfant en mal d'attention, avant de remuer doucement, de s'agripper dans un élan d'espoir à ce qui les narguait depuis un moment. Mais ils avaient beau tirer, dans une impatience peinée, irritée, c'est tout juste s'ils arrachaient un haussement de sourcils à la porteuse de l'étoffe. Le néant. Ce même vide froid qui habitait si souvent les prunelles fatiguées de cette mère qui oubliait son statut, perdue dans ces cuisines étrangères où elle officiait désormais. ♠ Maman ? ♠ La voix était timide, hésitante. Un filet qui s'écoule avec lenteur sur les dalles du silence. Ce n'était pas la première fois que Shendra se rappelait à sa mère dans une tentative maladroite de grappiller un peu d'affection. Et ce n'était pas la première fois que Calindra ne lui offrait en retour qu'un vague regard. Souvent, la jeune femme se contentait d'une légère caresse sur la joue de sa fille, au mieux, ou, en général, d'un geste vague pour replacer une des mèches folles de la gamine. Le clong métallique d'une marmite qu'on déplace fit lâcher prise à Shendra qui partit se recroqueviller sur un tabouret, retrouvant son compagnon Silence et son amie Observation. Elle n'était pas à un âge où l'on pouvait comprendre pourquoi. Pourquoi quelqu'un ne semble pas vous voir .... Pourquoi quelqu'un semble aussi vide qu'une coquille de noix ... L'histoire n'était pourtant pas si compliquée. Calindra avait cru que l'amour d'une petite tête blonde et la passion brûlante d'un mariage hasardeux combleraient le vide béant dévorant sa poitrine. Le genre de coups de tête décidés sur le vif dans le vain espoir de se sortir du trou. Grossière erreur. Il y avait de nombreuses révolutions de cela que son coeur ne battait plus qu'à moitié et que la moitié des battants restants lui déchiraient les poumons autant qu'ils lacéraient ses flancs. Une demi-vie vécue parce qu’il le fallait bien. Rattachée de force au quotidien. Enchaînée. Par une naissance qu'elle avait souhaitée, certes, mais qui n'était qu'une tentative désespérée de retrouver l’être perdu, pas un réel désir de maternité.

Sans doute avait-elle aimé Shenkan bien moins qu’elle n’avait aimé Lenth. Sans doute l’avait-elle pris, lui aussi, pour un substitut.


Sept révolutions. Calindra avait quitté le Weyr d’Ista sept révolutions plus tôt. Ce laps de temps lui donnait l'impression d'une éternité douloureuse et errante, un quelque chose dépourvu de sens plus on cherche à lui en donner. A peine jugée apte à reprendre une vie « normale », d'après les guérisseurs, l'ancienne Dame Verte avait tourné les talons au Weyr à la vitesse d'un passage dans l'Interstice. Ce qui avait suivi n'était qu'un ramassis de petits morceaux de sa vie recollés à la hâte, souvent mal, et que les affres du temps s'étaient aussitôt chargées de dégrader. Elle était repartie à pied, comme si ce voyage, plus long et fastidieux qu'une traversée des cieux, lui permettait de mettre une distance plus grande encore entre elle et les derniers évènements. Elle devait s'en aller, incapable d'observer les autres Dragons, toujours bien vivants. Eux. Son mal chaque jour renouvelé la consumait de l'intérieur avec l'ardeur du plus brûlant brasier. Ses quelques possessions sur le dos, son baluchon marquant le pas en rythme en cognant faiblement son dos, Calindra avait croisé un jeune homme, cheminant en sens inverse. Il était ébéniste et se rendait au Weyr pour livrer une quelconque commande. La donzelle affichait une triste mine et sa détresse encore apparente toucha le pauvre bougre au grand coeur. Dans un élan altruiste, il la prit même sous son aile, décidé à l'épauler pour qu'elle prenne à son aise les repères de sa nouvelle existence. C’est ainsi que la demoiselle partit pour Nerat, profitant de l’hébergement que Shenkan lui offrait au Fort plutôt que de retourner à celui d'Ista, auprès de ses propres parents. Les deux Artisans tisserands n'avaient que modérément apprécié le départ de leur seconde enfant au Weyr alors nul ne savait comment ils réagiraient après tout ce temps. Tiraillée par sa loyauté envers les Chevaliers-Dragons et sa crainte d'un nouveau rejet, Calindra se garda bien de reprendre contact, de peur que ses géniteurs n'en viennent à maudire plus encore cette caste d'avoir rendu leur fille à moitié morte, sans tenter de réellement comprendre le fond des choses.


Une douce routine avait enveloppé Calindra comme un cocon chaud et protecteur. La patience de l'ébéniste était venue à bout de la carapace râpeuse qui étreignait le coeur de Calindra dans un baiser glacial. Il fallut du temps. Beaucoup. Et petit à petit la jeune femme repris un rythme de vie plus conventionnel. Elle garda de la perte de sa dragonne une amerture mêlée de peur qui se nicha insidieusement en elle. La faute grossière qu'elle avait commise la poursuivait encore. Mais le pire restait cette sourde crainte des dragons dont la seule vue lui écorchait les chairs. Peur de souffrir ou de fauter encore. Peur de ce qu'elle deviendrait ou de ce qu'elle était déjà devenue. L'ancienne Dame verte s'enfermait dans une coquille nacrée, laissant luire faiblement sa beauté passée sans oser révéler que la perle intérieure s’était depuis longtemps évanouie en fumée. Puis un éclat luit. C'est fugace, l’illusion d’un nouveau bonheur qui scintille, faisant miroiter à Calindra l’espoir d’une existence meilleure. Le spectre de Lenth était partout, parfois, même, elle croit encore l’entendre et le seul moyen de l’occulter un instant, aussi bref soit-il, est de se perdre dans les bras de Shenkan qui n’osait plus souhaiter qu’un tel jour arrive enfin. Et une révolution passa … Puis deux … Et le couple un peu atypique se cristallisa, Calindra démontrant une possessivité et une passion peu communes qui n’alarmeront son compagnon que lorsqu’elles commenceront à s’étioler. Et qui l’angoisseront pour de bon lorsque le couperet tomba : ils seraient bientôt parents. Oh non, ça n’avait au final rien de bien réjouissant quand on assiste à la métamorphose de Calindra. D’une jeune femme perdue et détruite, elle était devenue une demoiselle exagérément aimante - d’une attention bien trop poussée pour être honnête - et une amante exigeante aussi bien qu’exubérante. Maintenant enceinte, plus rien n’existait en dehors de son nombril, au propre comme au figuré.


Amoureusement perdue dans la contemplation de son ventre s’arrondissant au fil des jours, Calindra s’était coupée du monde et de Shenkan. Plus rien ne comptait que l’enfant à naître et l’obsession de la jeune femme était presque maladive. A la naissance, ce fut pire. Shendra était perçue comme un cadeau du ciel. Nul être n’était autorisé à critiquer son ange et lorsque son compagnon cherchait à tempérer ses ardeurs, il se voyait vertement rabroué. Seulement, neuf mois d’idéalisation, neuf mois à s’auto-persuader que le bambin sortirait de son ventre comme un dragon d’un œuf, que le lien qui verrait le jour entre elle et SON bébé serait aussi puissant qu’entre elle et Lenth, … ces neuf mois ne conduisirent qu’à une chose : une chute plus rude encore. A nouveau lasse, réalisant que rien ni personne ne comblerait le vide atroce déchirant son âme, Calindra se réfugia dans le travail, entrant dans le personnel du Fort de Nerat. Shenkan ? Balayé comme un fétu de paille malmené par le vent. L’avait-elle seulement aimé, cet homme ? Autrement que comme une béquille de bois ? Autrement qu’à la manière d’une Amazone choisissant un mâle pour assurer sa descendance ? Nul ne le saurait jamais, Calindra n’étant plus capable de faire le tri dans les émotions contradictoires qui lui ravageaient le cerveau. Mécaniquement, elle vivait. Techniquement, elle évoluait toujours sur la planète Pern et Shendra, sa prunelle, reléguée désormais au rang de décor mignonnet mais inutile, peuplait son petit monde sans jamais le remplir.


C'est ce climat étrange, ces cuisines résonnant du silence de sa mère, qui virent Shendra se construire avec pour seule place, ce petit carré d'attention vacillante et incertaine. Calindra était ailleurs. Mais la donne changea quand son enfant prit de l'âge, comprenant mieux le monde, dans sa complexité. Et sa noirceur. L'ancienne Dame verte trouva en la fillette un excellent exutoire où déverser ses peurs, ses craintes et matérialiser ses démons, en souhaitant ardemment que la fragile enfant les emporte avec elle comme des poupées de chiffon. Une telle attitude n’avait rien de cruel ni de mesquin. Consciemment, ça n’avait même rien d’égoïste. Former Shendra aux affres de la vie était le rôle d’une mère, fonction qu’occupait soudainement Calindra comme si elle avait toujours été sienne. ♠ Ils sont respectables, oui. Oui. Mais jamais. Jamais jamais jamais. Jamais il ne faut les approcher. Les Chevaliers sont des gens biens, ouiiii. Vaillants. Il faut les honorer, oui. Puis continuer son chemin. Juste. Un. Salut. Poli. Puis tu poursuis ton chemin mais pas leur parler. Pas leur laisser le temps, ni laisser le temps à leur ... à leur dragon, de voir en toi. Parce qu'ils voient tous les méfaits. Tous. Tous les travers. TOUS. Toutes les bêtises et autres mauvaises choses avant de les étaler dans tout Pern pour apprendre aux gens à bien se tenir à l'avenir ! ♠ Shendra cligna des yeux, aussi surprise qu'horrifiée. Etre ... mis à nu. Cette simple idée lui zébra l'échine d'un irrepressible frisson et la gamine enroula ses bras autour de sa poitrine. Non, elle n'avait pas envie de cela, c'était certain. Secouant négativement la tête, elle s'arrêta en plein mouvement quand une pensée toute bête se fit jour dans son esprit. ♠ Mais quand on n'a rien à se reprocher, pourquoi les craindre ? ♠ Calindra regarda Shendra. Shendra fixait Calindra. L'ancienne Dame verte se pinça l'arête du nez nerveusement avant de poursuivre, un aplomb bancal dans le ton. ♠ Personne ne l'est ! Personne n'est parfait. Personne. Tout le monde a ses côtés noirs, tout noirs. Alors tu ne dois jamais t'attarder dans leur sillage. Ja. Mais. ♠ Point final. Pas de discussion. Merci et au revoir. La sentence était sans appel et le sujet fut clos. De cette interdiction formelle naquit une peur de tomber nez à nez avec un Chevalier que Shendra garda jusqu’à l’âge de raison, bien que tempérée par les enseignements du Harpiste qui, eux, ne semblaient pas en parfaite adéquation avec les assertions de sa mère. Le doute naquit quelques années plus tard, lorsque la crainte se mua en curiosité, jusqu'à ce qu'un peu d'esprit critique et d'étonnement la poussent à parler au dit Harpiste. C'est à ce moment-là, âgée d'une huitaine d'années, que la fillette commença à percevoir la réelle détresse qui rongeait sa mère. Quelle que fut l'affection qu'elle put lui porter, la demoiselle, échaudée par ce mensonge et toujours circonspecte face à l'attitude qu'arborait parfois Calindra, prit l'habitude te traîner en compagnie de l'Intendante du Fort, Hermena, puis à la cuisine et, enfin, souvent à l'infirmerie. D'un calme étonnant pour son âge, elle observait et rendait parfois de menus services, ayant le sentiment d'être utile, enfin. La petite était respectueuse, d'une droiture notable et assez autonome de part son éducation en pointillés. Avec une mère à moitié dans son monde, à moitié sur Pern, Shendra apprit tôt à gérer sa vie et ses occupations à sa manière, devenant autoritaire et extrêmement ferme quand on semblait adopter une autre position que la sienne. Après tout, si personne ne la commandait directement, pourquoi ne pourrait-elle pas tenir pleinement les rênes ? C’est ainsi presque naturellement qu’elle désira se tourner vers un métier qu’elle jugeait utile et doublé de responsabilités : guérisseuse.


Elle commença par aider au Fort de Nerat avant d'être envoyée au Fort de Fort, sous les conseils du Harpiste et des Compagnons guérisseurs de Nerat, afin de passer les Tables. Bien que dépaysée au début, elle s’ouvrit petit à petit au monde extérieur, agissant ainsi à l’inverse de sa mère qui restait cloîtrée dans sa bulle de chimères. Quant à son père, elle l'avait vu parfois, dans sa plus tendre enfance, mais ça restait très épisodique. Et maintenant qu'elle était partie, les occasions se faisaient plus rares encore. L'évitait-il ou avait-il décidé de passer à autre chose, Shendra n'ayant pas vraiment été désirée par ses deux parents ? La question restait en suspend et la demoiselle ne chercha pas à la trancher, ayant plus important à faire dans le présent. Néanmoins, plus elle grandissait, plus Shendra ressemblait physiquement à Calindra. Uniquement physiquement. Un visage pouvait en rappeler un autre, un regard évoquer d'autres prunelles mais seuls les gestes et les paroles marquaient au final. Et Shendra était plus assurée, plus consciencieuse, plus déterminée à avoir une vie menée d'une main de maître où les mots « erreurs » et « regrets » n'avaient pas plus de place que le terme « hésitation ». Elle était curieuse, aussi, de la vie, du monde, de Pern en général, bref, une demoiselle enthousiaste bien que sérieuse qui faisait son petit bonhomme des chemins loin des jupes maternelles. Une fois suffisamment expérimentée pour réaliser les premiers soins presque instinctivement, Shendra devint apprentie, à une Foire de Printemps. Sa motivation personnelle se concrétisait en un espoir tout simple : celui de reprendre un jour la suite du Maître guérisseur du Fort de Nerat. Le cœur suffisamment accroché pour ne craindre la vue du sang, le jeune fille estimait qu'une telle place lui conviendrait peut-être à terme - et avec un peu plus de bouteille - puisqu'elle s'était montrée appliquée et habile jusqu'alors dans les tâches qu'on lui soumettait. Eh non, Shendra ne doutait jamais de rien. Les années suivantes s'écoulèrent sans heurt. Il y eut des foires, une amourette sans avenir avec un pêcheur dont elle s'était entichée quelques mois, les rumeurs sur les Fils, d'autres foires, d'autres amourettes et toujours la médecine en toile de fond ... Shendra était une élève brillante et studieuse qui mettait tout de son côté pour réussir et progresser grâce à son attention et sa rigueur. Habituée à croiser des Seigneurs au Fort de Fort, elle savait se tenir en société, retenant les règles de bienséance des comportements qu'elle observait. Conciliant études et distractions du mieux qu'elle pouvait, la demoiselle avait noué quelques amitiés, certaines plus profondes que d'autres mais hélas parfois compliquées par des départs comme celui d'un ami proche, choisi comme Candidat au Weyr. Après tout, peut-être aurait-il là-bas une meilleure vie qu'ici, au Fort ? Même si les Chevaliers-Dragons ne paraissaient guère surmenés par le travail, ce qui devait rendre les journées là-bas peu palpitantes ... Enfin, qu'en connaissait-elle vraiment, du Weyr ? Pas grand-chose, elle devait l'avouer, et, compte tenu de ses expériences passées, elle avait appris à se méfier des racontars. La flopée de commentaires négatifs à l'égard des Chevaliers-Dragons n'échappaient pas à la règle : elle les prenait avec un certain recul. D'autant plus qu'il y avait eu une ponte, cette année-là, alors les gens jasaient. C'était peu avant qu'elle ne fête sa vingt-et-unième révolution. Et peu avant que sa vie ne prenne un nouveau tournant.


Shendra avait trimé pour obtenir l'affectation qu'elle désirait depuis qu'elle était entrée chez les Guérisseurs. L'itinérance n'était pas pour elle aussi, lorsqu'elle avait pu retourner à Nerat, son bonheur n'avait pas été feint. Sa mère ne lui manquait pas. Elle n'y allait pas non plus pour arborer fièrement ses noeuds de Compagnon dans une revanche malsaine. Non. Nerat, c'était un point d'attache, avec des gens qu'elle appréciait et à qui elle devait d'être arrivée jusque-là. Retourner les épauler lui paraissait logique. Rapportant des bassines à l'infirmerie, Shendra s'arrêta net en arrivant à une intersection. Elle entendait des voix ... et pas n'importe lesquelles : celle de sa mère, notamment. Un instant, la demoiselle songea à poursuivre sa route, comme si de rien n'était. Comme si le bruit vague n'était qu'une illusion sonore à laquelle ne prêter aucune attention. Puis la curiosité prit le dessus et Shendra balaya le coin de son regard perçant. En se postant discrètement au coin du mur, la joue collée contre la froide parois de pierre, elle était en mesure d'épier la conversation visiblement animée. ♠ Je t'interdis d'aller lui parler, T'var, c'est MA fille. ♠ Calindra s'emportait, appuyée sur le mur du corridor perpendiculaire à celui dont débarquait Shendra, comme si cette surface salutaire l'empêchait de s'écrouler. ♠ Ne me dis pas que tu partages leur opinion, maintenant ? ♠ L'ancienne Dame verte grimaça, les traits de son visage se tordant en une expression de malaise. Face à elle, un Chevalier bronze, droit comme un i, oscillant entre l'agacement et la stupéfaction. ♠ Il n'est pas question de ça ! Je ... Je ne veux pas qu'elle y aille, je ne veux pas qu'elle ... qu'elle s'expose à ça. Il ... Il est hors de question que tu t'approches d'elle et c'est aussi valable pour Rilath et son sale museau. Shendra ... n'ira ... jamais ... là-bas. ♠ Le poing de Calindra frappa contre le mur de pierres, geste sec qui lui arracha un couinement à la violence de l'impact. Shendra sursauta tandis que T'var cherchait à récupérer les mains de sa vis-à-vis pour l'empêcher de réitérer. ♠ Laisse-lui le choix si l'occasion s'offre à elle. Tu ne voudrais pas qu'un Dragonnet se retrouve sans Dame, hm ? ♠ Calindra cracha un « non » pour toute réponse avant de tourner les talons tandis que le Chevalier Bronze partait en sens inverse, la Quête dans ce Fort ne s'arrêtant pas au sort d'une jeune fille. Vexée qu'on prenne ainsi position à sa place après toutes ces années à exercer une autorité parentale défaillante, Shendra pinça les lèvres et poursuivit elle aussi son chemin non sans saluer ostensiblement T'var qu'elle reverrait le lendemain même.


Il était sur le point de partir, elle l'avait vu et, de ce fait, l'avait suivi. D'une voix claire, Shendra l'avait hélé pour le saluer. Et le dragon était derrière T'var. Imposant, scrutateur ... En un mot comme en cent, impressionnant. Le tout s'était joué très rapidement. Quelques mots, autant de battements de cils puis la décision tomba : la demoiselle avait tout d'une Candidate. L'occasion ne se représenterait certainement pas deux fois. En tout cas, Shendra ne s'y attendait pas. Du tout. Pourtant, elle ne mit pas beaucoup de temps à dire qu'elle partirait bien avec le Chevalier bronze. Seulement, la Guérisseuse n'était pas une idiote. Tel choix impliquait des conséquences et non des moindres. Elle prit soin de voler un peu de temps à T'var pour converser avec lui sur leur façon de vivre, leurs convictions ... Tout ce qui constituait le quotidien du Weyr. C'est sans surprise que Shendra constata le fossé entre l'opinion des gens du Fort et la ferveur d'un habitant du Weyr. Une curiosité mêlée de l'envie un peu enfantine de prouver à sa mère que l'histoire n'était pas vouée à répétition la poussa à accepter la proposition et elle s'envola pour Ista en laissant une lettre à sa mère. Un au revoir plus qu'un adieu. Les mots décrivant une même réalité sont diamétralement opposés qu'ils viennent de la bouche d'un Pernais lambda ou d'un Chevalier. S'il y avait probablement là un souci de subjectivité, on ne pouvait pourtant nier que le mode de vie parmi le peuple était sans commune mesure avec celui d'un Weyr. Par chance, Shendra étant une demoiselle pleine de ressources, il ne lui fallut guère longtemps pour retomber sur ses pattes, retrouvant un vieil ami qui ne manquerait pas de lui rendre la transition plus simple encore. Impressionnée par les dragons, Shendra mit beaucoup de cœur et de patience à les comprendre et les appréhender, étudiant et travaillant aussi dur qu'elle l'avait fait lorsqu'elle était Compagnon. On réussissait si on s'en donnait les moyens et Shendra ne comptait pas lésiner sur les siens. Le jour de l'Eclosion lui parut survenir tellement rapidement qu'elle redouta de n'être pas prête quand les premières manifestations des dragons se firent entendre dans tout le Weyr. Elle ravala son angoisse et reprit fièrement sa route, convaincue que la fébrilité et la peur ne lui apporteraient aucune aide. Tout trac la quitta une fois sur le Bronze qui l'amènerait jusqu'aux Sables. Ne restait que cette impression de sérénité profonde qui prend aux tripes quelques instants avant de rentrer sur la scène d'un important évènement de son existence. Une impression, certes factice, d'avoir tout sous son contrôle qui vous rend la confiance dont vous pouviez manquer. Néanmoins, ainsi postée en demi-cercle avec les autres Candidates, Shendra concédait que le tableau avait un côté aussi subjugant qu'époustouflant. On parlait beaucoup des Eclosions mais tout le monde n'avait pas la chance dans vivre une, de sentir son cœur battre au rythme des coquilles qui craquent. Celui de la jeune fille loupa quelques palpitations lorsque l'œuf se mit à s'agiter, la tirant de l'observation du reste de l'Aire. La tête légèrement penchée sur le côté, elle scrutait ses va-et-vient, se surprenant à encourager mentalement l'animal à sortir de cette demeure désormais trop exigüe pour lui. La créature qui s'en extirpa était gauche avec son corps disproportionné, sa lourde tête triangulaire trop grosse pour son mince et long cou. Une des filles était tombée dans les vapes plusieurs minutes auparavant, ce qui avait arraché un roulement d'yeux à Shendra qui la trouvait tout de même fort impressionnable. Avait-elle déjà seulement mis un orteil dans une infirmerie ? Mais revenons-en à la jeune dragonne qui, pataude, s'avançait vers les Candidates, approchant sa tête pour mieux les scruter. Shendra sourit, ressentant de l'affection pour cet animal maladroit qui faisait ses premiers pas chancelants sur Pern. Une autre Pernaise se retrouva au sol, un peu secouée par le geste pourtant amical de la nouvelle-née. Shendra s'approcha, doucement, et la créature fixa ses grands yeux sur elle. Le reste lui donna l'impression de se dérouler plus vite que la musique lorsqu'un ♠ J'ai faiiim. ♠ princer mais plaintif retentit dans son esprit. Et c'est presque sans s'en rendre pleinement compte qu'elle était désormais au côté de Varanth, lui entourant le cou de ses deux bras, rassurée et entière en observant l'océan arc-en-ciel qui baignait son regard.


Débuta alors son Aspiranat avec la même rigueur, la même application et cette curiosité constructive qui l'encourageait à voir plus loin que le bout de son nez et préparer avec sérieux les jours plus sombres à venir comme en était intimement convaincue Varanth. Entre les fondamentaux, l'apprentissage des déplacements dans l'Interstice, son tout premier passage réussi et donc son grade d'Aspirante Majeure atteint, ses cours spéciaux, sa cohabitation délicieuse et permanente avec sa dragonne qui grandissait et réclamait des soins constants, Shendra menait une vie bien remplie, heureuse dans la voie qu'elle avait finalement empruntée. Elle gardait un contact ténu avec sa mère, encore plus ténu avec son père depuis son départ pour le Weyr, obtenant davantage de nouvelles par l'Intendante du Fort que par Calindra. Deux ans s'étaient écoulés avant qu'elle ne devienne Dame-Dragon. Une nouvelle expérience qui donna à son lien avec Varanth une dimension supplémentaire. A l'heure actuelle, Shendra est une Dame fiable et déterminée qui allie diplomatie et fermeté pour mener sa barque et défendre les intérêts du Weyr. Elle fait une ambassadrice de qualité, sachant manier les mots et les sourires pour gagner les cœurs à la noble cause qu'elle défend. Consciente de la complexité de l'entreprise, elle conserve les pieds sur terre, se basant autant sur les faits que les effets de manche du discours afin d'asseoir sa position. Le drame de la dernière Eclosion ne manque pas de l'angoisser quant à ce qui les attend, son adorée Dorée et elle-même, lorsque Varanth viendra à pondre à son tour. Mais ce n'est pas ça qui la fera céder à la facilité du traditionalisme à la manière des obtus de Benden. Car, après tout, ce qui presse le plus, c'est de se prémunir des Fils qui reviendront, elle le sait.


Dernière édition par Shendra le Mer 21 Jan - 20:22, édité 10 fois
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Shendra
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« Quand un diplomate dit 'oui', cela signifie 'peut-être' ; quand il dit 'peut-être', cela veut dire 'non' ; et quand il dit 'non', ce n'est pas un diplomate. » HENRI LOUIS MENCKEN

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MessageMar 20 Jan - 21:06

Toi toi toi !
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Damhàn
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à travers les yeux des dragons
Citation: L'homme ne se nourrit pas de vérité, l'homme se nourrit de réponses.
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MessageMer 21 Jan - 15:47

Bon courage pour ta fiche !
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Tùlia
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à travers les yeux des dragons
Citation: Nous tissons notre destin, nous le tirons de nous comme l'araignée sa toile.
Signes particuliers: //
Loyauté: Modérée. Le Weyr et le Fort sont indispensables. Tous les deux.
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MessageMer 21 Jan - 20:50

C'est moi, Damhàn, yep. 8} *sort*

Le merciii !
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Shendra
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MessageMer 21 Jan - 20:57

{bienvenue sur} Dragonriders
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Vous êtes une Dame Dorée.

COMMENTAIRE DU STAFF ;; Va mourir, tu ne seras JAMAIS validée. JE REFUSE. OVER MY DEAD BODY. Ok, je sors. Une fiche farpaite, comme toujours, ma Phil. J'ai hâte te voir ta Shendra taper sur les doigts de tout le monde et tenter de les mener à la baguette


VEUILLEZ ME SUIVRE AFIN DE ;;

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